Mourir en 1702
Mourir en 1702:L'eau s'incruste dans toutes les fissures, tous les creux. La déferlante emporte, détruit tout sur son passage, puis c'est le calme plat... Seul l'albatros trouble ce silence. Au petit matin, des chaloupes chargées d'hommes ivres voguent en direction du négrier. Sur le pont, je suis paré à l'abordage. C'est étrange, le galion ne bouge pas. Par Dieu, pas le moindre signe de vie à bord. Brusquement le vent se fait plus fort, me fait trébucher. Le vaisseau tangue, prend de la vitesse et se dirige sur le galion français à pleine voile. Ces imbéciles d'ivrognes tombent des mâts. Le navire est incontrôlable. Le choc avec le bateau français me projette sur son pont comme une bonne partie de l'équipage. Le capitaine gueule, il doit pisser dans son froc. "Ça va, pas de mal pour moi les gars. Ne vous inquiétez pas surtout". Je me remets debout. Personne, c'est dingue où sont-ils passés ? J'avance, j'écrase des symboles énigmatiques. Voilà que la mer s'y remet. Je jette un coup d’œil vers le négrier. J'aperçois plus les nôtres ! Nom de Dieu, il y a un type qui danse à poil sur le pont du négrier ! Et l'autre nain qui continue à me coller... La mer secoue les deux bateaux. Le vaisseau pirate se brise et entraîne dans les abîmes le galion fantôme. Les éléments se déchaînent, la nuit enveloppe le jour. Pendant ce temps, je gueule. J'ouvre un œil sur la plage. J'empeste les embruns marins. Incroyable, le négro est encore avec moi. Un autre gars s'approche, un boucanier. Je lui propose le nain contre de l'or, il accepte. Je me retrouve enfin seul. Maintenant trouvons un port. Je marche, je marche, je m'essouffle, je m'arrête. C'est quoi ça ? J'en ai plein les pieds. Encore des dessins de nègres. Hum, une tête de mort avec un cœur de poule, ils ont de ces idées ceux-là... Épilogue :Un Albatros est posé sur un cadavre de marin tâché de sang de poulet. Le corps repose sur une vaste plage... |


Ajouter un commentaire
Vous devez être connecté pour commenter.
Se connecter