Dans les hautes sphères où volent les anges, La curiosité n’était pas une vertu. Un divin polisson espionnant la fange, Y prit pour punition un coup de pied au cul.
Ces ailes encore au stade d’embryon, Il chut à soixante mètres par seconde. Et atterrit violemment dans un puits sans fond. Telle était sa punition en ce monde.
Condamné à une éternité de crapaud, Il tenta d’expier son péché par la santé. Depuis son plongeon, le puits ôtait tous les maux, Hormis peut-être l’acné ou bien la diarrhée
Les villageois trouvèrent le puits bienfaiteur, Au sommet d’une colline, sous un chêne. D’une herbe riche, le puits, fut le géniteur, Tous les animaux y grossirent sans peine.
Autel des miracles juché dans les troupeaux. Les maux à soigner furent très vite légion. Mais les hommes, pour l’ange, devinrent fléaux. Et saoul il fut des nombreuses lamentations.
Qui d’une grande douleur dans le fondement, Qui d’un impôt du vil roi tout à fait honteux, Qui d’un voleur régulier d’un peu froment, Qui d’un mari était le plus grand paresseux.
La dépression menaçait notre angelot, La seule solution, les antidépresseurs. Jusqu'au jour où dans son esprit vint le chaos, Et le puits se transforma en trou de malheur.
Un jour une bergère très amoureuse, Vint jeter offrande pour exaucer son vœu. Méprise sur l’ange avait fait la gueuse, Il ne voulait plus rendre les moches heureux.
Tout de suite elle courut vers le hameau, Pour se jeter au cou de son amour meunier. Voyant la mocheté avec ses affûtiaux, D’un coup de marteau, il l’envoya balader.
Gardez à l’esprit que des ailes dans le dos, N’est pas signe certain de souhait exaucés. Veillez à bien laisser en paix les angelots, Et démerdez-vous pour trouver félicité.
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