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De la neige

Par Aelindra 0.0/100 vueCatégorie texte : Conte

Ses pas crissaient sous les graviers du toit de l’immeuble en haut du quel elle avait réussi à monter. Elle s’avança vers le rebord et jeta un regard dans le vide. En bas, la grande avenue l’attendait, avec ses voitures, ses autobus, ses badauds, ses passants.

La jeune fille resserra un peu plus contre elle son manteau, il faisait vraiment froid cet hiver et la neige n’allait certainement pas tarder à arriver. D’ailleurs Miss Météo l’avait bien dit à la télévision : « Avec cette vague d’air froid venant de l’est, s’il ne neige pas avant la tomber de la nuit, je rends mon diadème ! »

Gentille Miss Météo élue tous les deux ans, plus pour son tour de poitrine que pour son diplôme de météorologie, mais il fallait bien avoir de l’audience à n’importe quelle heure du jour et de la nuit. La concurrence est rude dans les ondes hertziennes, mais si le public était au rendez-vous la possibilité pour ses imbéciles de devenir plus riches que leur voisin était décuplée. Alors tant pis pour le quotient intellectuel des présentatrices, il y avait des problèmes plus graves dans le monde, la Paradise 9 par exemple. Et plus l’on trouvait d’excuses plus elles semblaient acceptables. Encore le fait d’un imbécile de la télévision et ses méthodes d’auto-persuasion. Quoique…

Quoiqu’elle avait bien fini par marcher pour cette jeune fille, à force de se dire qu’il fallait qu’elle monte en haut de cet immeuble en passant par l’escalier de service, gravir les étages, marche après marche, s’arrêtant pour reprendre son souffle, s’arrêtant pour sécher ses larmes, s’arrêtant pour renforcer encore un peu sa volonté vacillante. Après tout, monter si haut pour si peu de temps, c’était de l’énergie gâchée. Oui, gâchée, c’était bien le mot. Mais si cet argument était si évident, pourquoi continuait-elle de monter l’escalier pour finir pour arriver à sa plus haute marche, et là, casser le cadenas avec la pince de la boîte rouge fichée dans le mur ?

Elle alluma une cigarette pour se réchauffer, car maintenant assise contre le muret, ses muscles commençaient à s’engourdir. Elle avait froid. Autant en finir vite.

La jeune fille se leva et s’assit sur le rebord, dos au vide. Elle se saisit de son téléphone portable qu’elle jeta, sans un regard, par-dessus son épaule. Le gadget alla s’écraser au sol quelques cent mètres plus bas, sans un regard, sans une protestation d’aucune sorte.

La jeune fille ferma les yeux, et d’un sourire sur ses lèvres, se laissa tomber dans le vide.

Disparue.

Ses pas crissaient sous les graviers du toit de l’immeuble en haut du quel elle avait réussi à monter. Elle s’avança vers le rebord et jeta un regard dans le vide. En bas, la grande avenue l’attendait, avec ses voitures, ses autobus, ses badauds, ses passants.

La jeune fille resserra un peu plus contre elle son manteau, il faisait vraiment froid cet hiver et la neige n’allait certainement pas tarder à arriver. D’ailleurs Miss Météo l’avait bien dit à la télévision : « Avec cette vague d’air froid venant de l’est, s’il ne neige pas avant la tomber de la nuit, je rends mon diadème ! »

C’était à croire qu’on avait sacrifié l’intelligence de la présentatrice. Mais il y avait des problèmes plus graves dans le monde, le largage d’une deuxième Némésis par exemple. Et plus l’on trouvait d’excuses plus elles semblaient acceptables. Encore le fait d’un imbécile de la télévision et ses méthodes d’auto-persuasion. Quoique…

Quoiqu’elle avait bien fini par marcher pour cette jeune fille, à force de se dire qu’il fallait qu’elle monte en haut de cet immeuble en passant par l’escalier de service, gravir les étages, marche après marche, s’arrêtant pour reprendre son souffle, s’arrêtant pour sécher ses larmes, s’arrêtant pour renforcer encore un peu sa volonté vacillante. Après tout, monter si haut pour si peu de temps, c’était de l’énergie gâchée. Oui, gâchée, c’était bien le mot. Mais si cet argument était si évident, pourquoi continuait-elle de monter l’escalier pour finir pour arriver à sa plus haute marche, et là, casser le cadenas avec la pince de la boîte rouge fichée dans le mur ?

Le regard bleuté de la jeune fille retourna contempler le vide, mais alors qu’elle se penchait, son téléphone portable s’échappa de la poche de son manteau, s’enivra du néant pour ensuite assouvir la pesanteur. Sans aucune expression sur son visage, la jeune fille emmitouflée dans son manteau noir s’assit sur le rebord, dos au vide et alluma une cigarette pour se réchauffer.

En bas, tout en bas de l’immeuble gigantesque en haut duquel elle était montée, quelqu’un avait remarqué le gadget tombé au sol et avait levé la tête vers le ciel… Et il vit. L’homme qui avait évité la chute accidentelle du téléphone avait vu une silhouette, une infime silhouette assise sur le rebord. Il pensa à un oiseau quelques secondes durant, et continua son chemin.

Un pas. Deux pas. Trois pas.

Les oiseaux n’existent plus dans les villes…

Il leva brutalement la tête au ciel, mais l’ombre avait déjà disparue…

Ses pas crissaient sous les graviers du toit de l’immeuble en haut du quel elle avait réussi à monter. Elle s’avança vers le rebord et jeta un regard dans le vide. En bas, la grande avenue l’attendait, avec ses voitures, ses autobus, ses badauds, ses passants.

La jeune fille resserra un peu plus contre elle son manteau, il faisait vraiment froid cet hiver et la neige n’allait certainement pas tarder à arriver. D’ailleurs Miss Météo l’avait bien dit à la télévision : « Avec cette vague d’air froid venant de l’est, s’il ne neige pas avant la tomber de la nuit, je rends mon diadème ! »

Elle n’avait qu’à le rendre son diadème, les programmes étaient tous plus inintéressants les uns que les autres, alors à quoi bon continuer de regarder la télévision? De toute façon, il y avait des problèmes beaucoup plus graves dans le monde, comme la rumeur des enfants soldats infectés volontairement d’un puissant virus et envoyés sur le front de la Guerre Mouvante.

Le regard bleuté de la jeune fille retourna contempler le vide, mais alors qu’elle se penchait, son téléphone portable s’échappa de la poche de son manteau, s’enivra du néant pour ensuite assouvir la pesanteur. Sans aucune expression sur son visage, la jeune fille emmitouflée dans son manteau noir s’assit sur le rebord, dos au vide et alluma une cigarette pour se réchauffer.

En bas, tout en bas de l’immeuble gigantesque en haut duquel elle était montée, quelqu’un avait remarqué le gadget tombé au sol et avait levé la tête vers le ciel… Et il vit. L’homme qui avait évité la chute accidentelle du téléphone avait vu une silhouette, une infime silhouette assise sur le rebord. Il pensa à un oiseau quelques secondes durant, et continua son chemin.

Un pas. Deux pas. Trois pas.

Les oiseaux n’existent plus dans les villes…

Il leva brutalement la tête au ciel, l’ombre était toujours là. L’homme se rua à l’intérieur de l’immeuble, et c’est au pas de course qu’il essaya de gravir les étages, marche après marche, s’arrêtant pour reprendre son souffle, s’arrêtant pour soulager ses jambes endolories, s’arrêtant pour renforcer encore un peu sa volonté vacillante. Après tout, monter si haut pour si peu de temps, n’était pas de l’énergie gâchée s’il arrivait à temps.

L’homme enfonça la porte entrouverte et se rua dehors. Ses pas crissèrent sur les graviers du toit de l’immeuble en haut du quel il avait réussi à monter. Il s’avança vers le rebord et jeta un regard dans le vide. En bas, la grande avenue l’attendait, avec ses voitures, ses autobus, ses badauds, ses passants, mais la jeune fille n’était plus là. Disparue.

Ses pas crissaient sous les graviers du toit de l’immeuble en haut du quel elle avait réussi à monter. Elle s’avança vers le rebord et jeta un regard dans le vide. En bas, la grande avenue l’attendait, avec ses voitures, ses autobus, ses badauds, ses passants.

La jeune fille resserra un peu plus contre elle son manteau, il faisait vraiment froid cet hiver et la neige n’allait certainement pas tarder à arriver. D’ailleurs Miss Météo l’avait bien dit à la télévision : « Avec cette vague d’air froid venant de l’est, s’il ne neige pas avant la tomber de la nuit, je rends mon diadème ! »

La jeune fille regarda le ciel blanc, songeant encore à la phrase de la présentatrice de la météo aux neurones atrophiés à la toxine botulique. Elle sourit. Quel étrange jour. Elle prit une grande bouffée d’air froid dans ses poumons qui la fit tousser. S’agrippant avec force au rebord, elle échappa son téléphone portable qui alla rejoindre le vide sans qu’elle ne puisse rien faire. La jeune fille s’assit contre le rebord, et alluma une cigarette. Elle commençait à avoir froid, exposée aux quatre vents en haut de cet immense immeuble. De là où elle était, la jeune fille aperçut un pot de penture noir protégé du gel par un appentis, collé contre la porte d’entrée du toit. Elle se leva, le prit et entreprit de dessiner une marelle au sol. Lorsque ce fut fini, elle se rassit contre le rebord et contempla son chef-d’œuvre.

Pendant tout ce temps, tout en bas de l’immeuble gigantesque en haut duquel elle était montée, quelqu’un avait remarqué le gadget tombé au sol et avait levé la tête vers le ciel… Et il vit. L’homme qui avait évité la chute accidentelle du téléphone avait vu une silhouette, une infime silhouette assise sur le rebord. Il pensa à un oiseau quelques secondes durant, et continua son chemin.

Un pas. Deux pas. Trois pas.

Les oiseaux n’existent plus dans les villes…

Il leva brutalement la tête au ciel, l’ombre n’était plus là. L’homme se rua à l’intérieur de l’immeuble, et c’est au pas de course qu’il essaya de gravir les étages, marche après marche, s’arrêtant pour reprendre son souffle, s’arrêtant pour soulager ses jambes endolories, s’arrêtant pour renforcer encore un peu sa volonté vacillante. Après tout, monter si haut pour si peu de temps, n’était pas de l’énergie gâchée s’il arrivait à temps…

L’homme enfonça la porte entrouverte et se rua dehors. Ses pas crissèrent sur les graviers du toit de l’immeuble en haut du quel il avait réussi à monter. Et il vit.

Ce qu’il vit ? Une enfant évanescente de noir vêtue, les cheveux au vent, sautant à cloche pied d’une case à l’autre de la marelle, mais sans s’arrêter à la case 6, elle marcha sur le ciel et s’en fut. Disparue.

Ses pas crissaient sous les graviers du toit de l’immeuble en haut du quel elle avait réussi à monter. Elle s’avança vers le rebord et jeta un regard dans le vide. En bas, la grande avenue l’attendait, avec ses voitures, ses autobus, ses badauds, ses passants.

La jeune fille resserra un peu plus contre elle son manteau, il faisait vraiment froid cet hiver et la neige n’allait certainement pas tarder à arriver. D’ailleurs Miss Météo l’avait bien dit à la télévision : « Avec cette vague d’air froid venant de l’est, s’il ne neige pas avant la tomber de la nuit, je rends mon diadème ! »

Le regard bleuté de la jeune fille retourna contempler le vide, mais alors qu’elle se penchait, son téléphone portable s’échappa de la poche de son manteau, s’enivra du néant pour ensuite assouvir la pesanteur. Sans aucune expression sur son visage, la jeune fille emmitouflée dans son manteau noir s’assit sur le rebord, dos au vide et alluma une cigarette pour se réchauffer. Un instant dans le vide, puis son regard rencontra le ciel. Lorsque ses yeux retournèrent à la terre, elle aperçut un pot de penture noir protégé du gel par un appentis, collé contre la porte d’entrée du toit. Elle se leva, le prit et entreprit de dessiner une marelle au sol. Lorsque ce fut fini, elle se laissa tomber à la renverse dans les graviers, le sourire aux lèvres, les mains sous sa tête, et contempla le ciel.

« Avec cette vague d’air froid venant de l’est, s’il ne neige pas avant la tomber de la nuit, je rends mon diadème ! »

Tout en bas de l’immeuble gigantesque en haut duquel elle était montée, quelqu’un avait remarqué le gadget tomber au sol et avait levé la tête vers le ciel… Et il vit. L’homme qui avait évité la chute accidentelle du téléphone avait vu une silhouette, une infime silhouette assise sur le rebord. Il pensa à un oiseau quelques secondes durant, et continua son chemin.

Un pas. Deux pas. Trois pas.

Les oiseaux n’existent plus dans les villes…

Il leva brutalement la tête au ciel, l’ombre n’était plus là. L’homme se rua à l’intérieur de l’immeuble, et c’est au pas de course qu’il essaya de gravir les étages, marche après marche, s’arrêtant pour reprendre son souffle, s’arrêtant pour soulager ses jambes endolories, s’arrêtant pour renforcer encore un peu sa volonté vacillante. Après tout, monter si haut pour si peu de temps, n’était pas de l’énergie gâchée s’il arrivait à temps…

L’homme enfonça la porte entrouverte et se rua dehors. Ses pas crissèrent sur les graviers du toit de l’immeuble en haut du quel il avait réussi à monter. Et il vit une jeune fille étendue au sol. Il se précipita à son côté et vit qu’elle ne bougeait plus, qu’elle se clignait pas des paupières, mais qu’un sourire baignait ses lèvres bleutées.

L’homme à genoux se laissa tomber en arrière, et allongé face au ciel il commença à pleurer. Des larmes silencieuses roulèrent le long de ses temps pour aller se perdre dans le gravier. Quand soudain une voix s’éleva…


« Vous ne pensiez tout de même pas que j’étais morte, si ? »


L’homme se releva d’un bon et contempla la jeune fille qui ne bougeait pas. Il n’en croyait pas ses oreilles. Il essaya d’articuler quelque chose, mais rien ne vint. Un flocon de neige se déposa sur la joue de la jeune fille allongée.


« Voilà ce que j’attendais. La neige. Je voulais être la première à la voir cette année. Elle est belle, n’est-ce pas ? »


Personne ne lui répondit, l’homme s’était laissé tomer à la renverse, sans bouger ni parler, sans même cligner des yeux. Son cerveau avait arrêté de réfléchir. Il ne comprenait rien. Il ne comprenait plus rien. Plus rien du tout.

La jeune fille s’assit et dévisagea l’homme.


« Vous m’avez vu d’en bas et vous pensiez que j’allais en finir avec ma vie, c’est ça ? J’y ai pensé au moins deux fois depuis que je suis là. J’étais venue pour ça je crois bien et puis… j’ai regardé la marelle et j’ai changé d’avis.

— …

— Vous voulez regarder la neige tomber avec moi ?

— …

— Vous n’êtes pas obligé. A vous voir j’ai l’impression que…

— … Oui…
— Vous avez dit quelque chose ?

— … Oui. Je veux bien regarder tomber la neige avec vous.

La jeune fille sourit et se rapprocha de celui qui avait tenté de la sauver. Elle posa la tête sur le bras déplié de l’homme et leva les bras au dessus de sa tête comme pour toucher le ciel.

La neige tarda à les recouvrir, mais quand se fut fait, ils avaient comme disparus…

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