![]() Maintenant on en sait un peu plus sur les jeux de rôle joués sur table. Mais il y a bien d’autres façons de « jouer un rôle ». Attardons nous sur ce que j’appellerai les « vrais cousins » du JdR, les Grandeur Nature, les Wargames, les livres interactifs ou encore les jeux vidéos. Attention aux « faux amis » utilisés dans le monde du travail ou en psychothérapie… 1. Les vrais cousins du jeu de rôleLes grandeurs naturesLes «Grandeur Nature» (GN) sont bien des jeux de rôle, mais on y joue «en chair et en os» avec reconstitution, costumes, etc. et non pas autour d'une table. Des «gendarmes et voleurs» de grands, en quelque sorte. Qui n'a jamais joué aux gendarmes et aux voleurs ? Le « jeu de rôle Grandeur Nature » ou « Grandeur Nature » est apparu en France en 1983. Sans être un jeu de rôle classique, il fut néanmoins organisé à ses débuts par des rôlistes sur table, désireux de vivre leurs aventures au grand air. Les premiers essais ne furent pas des plus brillants mais l’expérience anglaise permit de rattraper le retard. En effet, contrairement à une partie sur table, le Grandeur Nature nécessite une solide logistique (nourriture, couchage, autorisations, sécurité …) ainsi que des armes inoffensives (en latex moulé) et des costumes dans certains cas. Comme le jeu de rôle, le Grandeur Nature répond à trois principes de base :
Le lieu est important car il sert de cadre à l’aventure et influe sur le nombre de participants.
Comme le jeu de rôle sur table, le scénario est soit linéaire soit ouvert.
Les organisateurs représentent un quart à un tiers des participants. Ils fournissent donc un travail énorme avant et pendant une partie de Grandeur Nature. Pour cette raison, ils n'organisent en général qu'une à quatre rencontres par an. Ils doivent :
De plus durant le jeu, les organisateurs se doivent de suivre le déroulement du scénario :
Chaque joueur qui s'inscrit à un GN connaît le thème du jeu. Il reçoit un questionnaire sur ses goûts et ses personnages types préférés, ce qui permet aux organisateurs de lui attribuer un personnage qu'il se sent capable d'interpréter. On demande toujours aux joueurs de venir avec le costume qu'ils porteront durant le jeu. A la fin du jeu, les organisateurs réunissent en général les participants pour leur raconter les ressorts de l'aventure qu'ils viennent de jouer, et pour les pousser à discuter entre eux du jeu. Chacun peut ainsi voir s'il a bien joué, s'il n'a pas négligé des pistes ou des occasions de mieux faire. D’autres jeux qu’on peut apparenter aux GN : Les WargamesLes wargames sont des jeux stratégiques ou tactiques permettant de simuler des conflits militaires.
Leur originalité est de faire partie des jeux de simulation : leur règle n'a pas été conçue à partir d'un principe ludique abstrait, mais en synthétisant au mieux tous les facteurs historiques, qui ont compté dans le déroulement de batailles simulées par chaque jeu. A la limite, les meilleurs wargames peuvent servir d'exercice à des officiers étudiant la stratégie et la tactique, et inversement les meilleurs concepteurs de wargames, aux Etats-Unis, ont parfois été engagés par l'armée américaine en tant que conseillers stratégiques.
Les jeux de plateau ou de simulation, comme « Hero Quest » sont, en quelque sorte, une forme intermédiaire entre le wargame et le jeu de rôle ; on ne manipule plus d’armée mais un groupe de héros, ayant plus de marge de manœuvre et évoluant dans un univers le plus souvent clos (un donjon). Il a tendance à se dissoudre vers deux pôles, le jeu de rôle et le wargame. La création de jeu de plateau dit « familial » accentue ce phénomène. NB : le terme jeu de plateau désignait au début le wargame avec figurines Les livres interactifsPubliés chez le très populaire éditeur Penguin en 1982 par deux Anglais, Steve Jackson et Ian Livingstone, les "Livres dont vous êtes le héros", traduits en France dès 1983 par Gallimard, ont lancé une mode, suivie d'un succès fulgurant partout dans le monde. Les "jeux de rôle" sur ordinateurLes jeux d'aventure sur ordinateur, comme « Baldur’s gate » ou « Final Fantasy » sont improprement appelés «jeux de rôle», l'interaction étant limitée à ce qu'ont prévu les programmeurs du jeu. Les jeux de cartes à jouer et à collectionnerEn anglais « trading card games », le plus connu est sans doute Magic! The Gathering. Vous possédez des cartes vous permettant de lancer des sorts, d’invoquer des créatures, etc. Votre adversaire en fait autant, et vous devez tenter de passer ses barrages pour l'annihiler. 2. Les faux amisLe jeu de rôle en formation professionnelleLe jeu de rôle est un jeu de simulation, et l'un des objectifs premiers de la simulation, depuis les jeux de guerre des élèves officiers de l'armée prussienne jusqu'à ceux des pilotes modernes, est la formation et l'entraînement. En demandant aux participants d'imaginer, de visualiser chaque situation où les place le scénario, le jeu de rôle ludique peut également devenir un excellent outil pédagogique.
Un scénario de jeu de rôle place un groupe de personnages face à des problèmes à résoudre. Il faut sans cesse trouver les meilleures solutions, choisir les options les plus efficaces ou les plus rapides, mais aussi attribuer à chacun les tâches les plus adaptées aux talents de son personnage, collaborer quand c'est utile. Bref, il s’agit de mettre en évidence des qualités et une certaine combativité qu'un directeur attend de ses employés dans le cadre de leur travail.
A l'opposé du cas précédent, le jeu de situation penche plutôt du côté thérapeutique que ludique. Il s'agit de décoincer des rapports grippés dans un service ou entre divers services d'une entreprise. Le jeu de rôle en psychothérapieIl existe depuis les années 20 et les travaux de Moreno, des techniques de psychothérapie de groupe nommées « jeux de rôle ». Des patients sont réunis autour d'une table par le psychothérapeute, qui va les pousser par le biais d'un récit ou de personnages imaginaires, à se raconter, se heurter, afin de casser leurs blocages et de leur faire révéler des éléments inconscients. Le thérapeute fait un travail paradoxal, puisqu'il manœuvre les participants pour faire monter la tension, tout en maîtrisant le groupe pour éviter les débordements.
Autrement dit, il s'agit d'un jeu de société où l'on joue... à jouer un rôle. Un double sens difficile à traduire… Voila tout pour la petite présentation des autres « jeux de rôle ». Comme d’habitude, si vous avez quoique se soit à ajouter, les discussions sont ouvertes…
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